Le mardi 27 octobre 2009

Inspection pédagogique : les échevins FDF réagissent !

Suite au décret voté au Parlement flamand, qui attribue à la Communauté flamande l’inspection pédagogique dans les écoles francophones (8 écoles, au total 2600 élèves) situées dans les communes à facilités, le FDF a immédiatement réagi.

Dans un premier temps une motion, demandant à la Communauté française d’organiser matériellement et financièrement l’enseignement francophone dans ces six communes sera présentée aux conseils communaux de ces communes. A ce jour, elle a déjà été votée à Drogenbos (à l’unanimité), Linkebeek et Wezembeek-Oppem.

Dans la foulée, les cinq échevins FDF de l’enseignement des communes à facilités (Véronique Caprasse, Nicole Geerseau, Corinne François, Eric Libert et Damien Thiéry, le bourgmestre de Linkebeek qui a aussi l’enseignement dans ses attributions) accompagnés du député francophone UF-FDF au Parlement flamand, Christian Van Eyken, ainsi que des bourgmestres de Wezembeek-Oppem (François van Hoobrouck MR) et de Crainhem (Arnold d’Oreye), ont tenu une conférence de presse ce 27 octobre pour annoncer la teneur de la réplique du FDF.

Ils ont dans un premier temps rappelé que le décret voté au Parlement flamand est illégal. En effet, l’inspection pédagogique sur les établissements francophones dans les communes périphériques est du ressort de la Communauté française. Ceci résulte de la loi du 21 juillet 1971 et de différents protocoles d’accord conjoints de 1970,1973 et 1977 conclus entre la Communauté française et la Communauté flamande. En vertu de ces protocoles, la tutelle pédagogique des classes primaires et gardiennes du régime linguistique français situées dans la région de langue néerlandaise est assurée par des membres de l’inspection de la Communauté française. Il en résulte donc que toute modification à cette mesure nécessite l’accord des deux communautés linguistiques du pays, puisqu’il s’agit d’une loi spéciale.

Pour Christian Van Eyken, qui suit de près les évolutions des députés flamands, l’objectif à atteindre par la Communauté flamande est cousu de fil blanc. « Ils veulent faire disparaitre à terme l’enseignement francophone dans les six communes. Depuis plusieurs années, ils ont constaté que plus de 90% des élèves qui suivent cet enseignement maternel et primaire poursuivent leurs études secondaires (ce cycle n’existe pas dans les six communes) en Communauté française et ne rejoignent pas ensuite les écoles de la Communauté flamande comme ils l’espéraient. En clair, ces jeunes ne s’intègrent pas dans un milieu flamand, ils restent francophones. Et comme les politiques flamands estiment que les facilités sont transitoires, l’unique solution pour arrêter cette situation est de mettre la main sur l’enseignement francophone pour le museler avant de l’éliminer. J’ajoute que cet enseignement francophone dans les communes à facilités est financé avec de l’argent fédéral qui est attribué à la Communauté flamande. »

Les échevins FDF de l’enseignement des communes à facilités proposent dès lors de faire reprendre les écoles communales francophones des communes à facilités par le réseau libre via une asbl dépendant de la Communauté française. « Un précédent existe dans la commune de Fourons » signale Eric Libert « C’est donc parfaitement réalisable. »

« Autre solution » lança en guise de conclusion Damien Thiéry « Le rattachement de nos communes à Bruxelles. »

Guy Debisschop