L’indécente pression du CD&V pour écarter Olivier Maingain

Olivier Maingain l’a répété à plusieurs reprises ces derniers jours dans les médias : « Négocier le dossier de BHV isolément serait un piège énorme pour les francophones, dans lequel ils ne peuvent pas tomber. »

Se lancer tête baissée, aujourd’hui, dans une négociation sur BHV, c’est se retrouver dans un débat plus vaste sur la réforme de l’Etat pour lequel il est impossible d’obtenir des résultats dans la précipitation, donc tout aussi impossible à résoudre avant la fin de la législature.

Quand on lui reproche, avec une mauvaise foi évidente comme vient encore de le faire Philippe Moureaux, de ne pas être un homme de compromis, Olivier Maingain hausse les épaules. « En 2005, nous étions très proches d’un accord. J’avais proposé que les pouvoirs de la Communauté française s’étendent aux six communes à facilités, ce qui aurait définitivement résolu les problèmes que rencontrent les francophones de ces communes. Tout le monde était d’accord mais, au dernier moment, Geert Lambert du petit parti flamingant Spirit, associé au parti socialiste flamand, a refusé. Et tout a capoté. M. Moureaux a vite oublié que l’obstacle est venu de la famille socialiste. »

« Dans le même temps », poursuit Olivier Maingain, « même s’ il est faux de dire que le prochain scrutin fédéral serait anticonstitutionnel si BHV n’est pas scindé, il existe plusieurs formules pour sortir de l’impasse. 1.On revient aux anciens arrondissements électoraux. 2. On crée un nouvel arrondissement réunissant la Région bruxelloise et les deux Brabant. 3. On adopte une loi interprétative répondant aux objections de la Cour d’arbitrage en justifiant au plan juridique le découpage électoral actuel. »

Alors que Jean-Luc Dehaene vient d’être désigné pour préparer les discussions communautaires, le CD&V exerce des pressions pour qu’Olivier Maingain ne fasse pas partie des négociateurs. Pas de chance pour les catholiques flamands, Didier Reynders, le président du MR, accorde toute sa confiance à Olivier Maingain et il est bien décidé à l’imposer à la table des négociations.

« Cette attitude indécente n’honore pas l’ancien CVP qui, comme le signale Olivier Maingain, écrit ainsi un scénario plus choquant encore que les matches de foot truqués. Comme le dit le patron amarante, le CD&V veut former les équipes, il veut désigner l’arbitre et pourquoi pas si possible arranger le résultat… » Quel mépris pour les francophones ! C’est également la preuve qu’Olivier Maingain est, aujourd’hui plus que jamais, perçu par le monde politique flamand comme le vrai garant de la défense des intérêts des francophones.

Quant il affirme haut et fort que la scission de BHV, sans élargissement de Bruxelles, constituerait un franc succès pour les séparatistes flamands, Olivier Maingain touche de plein fouet les extrémistes qui minent les partis du nord. Pas question pour eux d’entendre les francophones reprendre cet argument de poids à la table des négociations. Ils veulent donc écarter ce « trublion amarante » qui à tout compris et qui dérange leurs plans.

Ce n’est pas pour rien que la N-VA a lancé un communiqué de presse ce mardi 24 novembre pour dire clairement que la présence du président Olivier Maingain, au nom du MR, dans un groupe de travail relatif à BHV, serait une « catastrophe pour la Flandre ». Pour la N-VA, accepter la présence du président du FDF aux négociations reviendrait pour le CD&V et l’Open Vld à accepter l’idée d’un élargissement de Bruxelles. Et oui....

Guy Debisschop, porte-parole