06/03

Olivier Maingain pour la mise sur pied d’un comité S (sécurité) : « Nous devons retrouver le sens de l’Etat »

La catastrophe ferroviaire de Buizingen a été la goutte d’eau qui a fait déborder un vase rempli d’incohérences et de manquements propres à la gestion de l’Etat. Dans une longue interview publiée, ce samedi 6 mars, dans La Libre Belgique, sous la plume de Francis Van de Woestyne, Olivier Maingain annonce son intention de déposer une proposition de loi créant un comité S (pour la sécurité), à l’image du comité P (qui contrôle les services de police) ou R (pour les renseignements). Voici quelques extraits de cette interview.

« Il s’agirait » précise le président des Fédéralistes démocrates francophones « d’un organisme indépendant qui dépendrait directement des assemblées fédérales. Il serait un intermédiaire entre les différentes autorités administratives concernées et le Parlement, chargé d’effectuer le contrôle des administrations publiques par rapport à l’objectif de sécurité publique. Cela peut concerner le rail, les transports aériens, les centrales nucléaires, l’entretien du patrimoine fédéral, les grands bâtiments publics. Ce comité serait chargé de faire régulièrement l’audit de la réalité des contrôles de la sécurité de certains secteurs. »

Mais la réflexion d’Olivier Maingain va beaucoup plus loin dans un pays où beaucoup de secteurs sont en totale déliquescence. « Notre pays a besoin d’une autre réforme de l’Etat que celle qui touche aux équilibres entre Etat fédéral et entités fédérées. Je constate qu’il y a une perte de sens de l’Etat en Belgique et cela me préoccupe. Dans une période de crise économique, comme celle à laquelle nous sommes actuellement confrontés, le citoyen a besoin d’avoir l’assurance que l’Etat est efficace, indépendant et impartial. Et notamment que les autorités judiciaires offrent toutes les garanties de neutralité. Et on peut dire qu’il y a des manquements »

Singes de foire !

Olivier Maingain défend notamment l‘idée de création d’une Ecole nationale d’administration comme il en existe dans les grands pays, la France notamment avec l’ENA. Un constat : « Etre au service de l’autorité publique n’est plus considéré, aujourd’hui, comme valorisant au plan professionnel. C’est peut-être dû au fait de vivre dans un pays qui se cherche. »

Le président Maingain, qui insiste sur l’urgence à réhabiliter le sens de l’ Etat dans notre pays, estime que, lorsqu’une personnalité sert l’Etat au plus haut niveau, elle doit en quelque sorte servir de modèle. Or, avec certains élus, nous sommes très loin du compte et c’est un poli euphémisme…

« Il y a une règle élémentaire » glisse Olivier Maingain « L’exemple doit venir du haut. C’est une erreur de croire que les politiques ne doivent plus être que des singes de foire et d’émission people et faire état de leur vie privée. Ce n’est pas cela qu’on attend du personnel politique. Je fais partie de ceux qui pensent encore qu’il y a un devoir de réserve quand on assume les plus hautes fonctions publiques. »

Guy Debisschop Porte-parole

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