22/06

Olivier Maingain sur Matin Première : « Quand on lui parlera des trois bourgmestres, on verra si Bart De Wever est si conciliant que certains le prétendent… »

C’est en Belgique que le mouvement surréaliste a réellement pris son envol au siècle passé. Le nom de Magritte symbolise a lui seul le rayonnement de ce mouvement, mais d’autres artistes de renom se sont inscrits avec bonheur dans l’aventure surréaliste de notre pays : Paul Nougé, Louis Scutenaire, Raoul Ubac ou Marcel Marïen, pour ce citer que ceux-là. Dans un tout autre registre, faudra-t-il bientôt ajouter Bart De Wever ?

Nationaliste flamingant, bien décidé à faire disparaître la Belgique au profit d’une Flandre indépendante, l’homme a été désigné par le Roi en qualité d’informateur pour préparer le mieux possible la constitution d’un gouvernement fédéral….Il n’y a que dans un pays profondément surréaliste qu’un tel scénario peut se dérouler !

Et le surréalisme poursuit son petit bonhomme de chemin à tous les niveaux. Voilà que des hommes et des femmes politiques francophones s’extasient devant cet informateur pas comme les autres. On lui donne des intentions qu’il n’a probablement jamais imaginées. On parle d’une main tendue, d’un homme conciliant, on se demande même s’il n’ a pas l’envergure d’un homme d’Etat ! Mais de quel Etat ?

Olivier Maingain enregistre ces réactions avec une très grande réserve. Invité par Bertrand Henne ce mardi sur les ondes de la RTBF dans Matin Première, le président des Fédéralistes démocrates francophones a très clairement dit qu’il attend de voir Bart De Wever à l’oeuvre avant de se prononcer.

« J’entends dire qu’il fait preuve d’une grande ouverture d’esprit, nous verrons cela à l’autopsie. Notamment le jour où on lui demandera de faire nommer par le gouvernement flamand les trois bourgmestres de la périphérie qui ont encore été plébiscités par les électeurs le 13 juin lors des élections législatives (pour rappel, Damien Thiéry a été élu député avec plus de 16.000 voix de préférence). Il est certain en tout cas que la législature communale ne peut s’achever (en 2012) sans la nomination des ces trois bourgmestres »

Rappelons à ceux qui présentent Bart De Wever comme un démocrate conciliant que, dans une interview publiée le mardi 30 mars dernier par le quotidien La Libre Belgique, le patron de la flamingante N-VA avait montré son vrai visage en tenant des propos choquants.

Parlant de la nomination des trois bourgmestres de la périphérie (Damien Thiéry à Linkebeek, Arnold d’Oreye à Crainhem et François van Hoobrouck à Wezembeek-Oppem) son discours était sans nuance : « Ils ne seront jamais nommés (ce que le ministre flamand, Geert Bourgeois, autre leader de la N-VA, confirma par la suite), je suis très clair là-dessus. Et on va essayer de se débarrasser du problème dans les prochaines semaines. On va également faire en sorte qu’ils ne puissent plus se représenter. »

Voilà la solution démocratique de la N-VA à la nomination des trois bourgmestres : faire en sorte qu’ils ne puissent plus se représenter alors qu’ils ont été plébiscités dans leurs trois communes.

Un refus de nomination qui est un véritable déni de démocratie. A ce sujet, le Conseil de l’Europe se prépare à renvoyer dans notre pays une délégation constituée du Français Michel Guégan et du Serbe Dobrica Milovanovic qui connaissent bien le dossier pour avoir déjà enquêté en Belgique.

Guy Debisschop Porte-parole

Dans la même rubrique :

 

Agenda