Le Gouvernement wallon (PS, cdH, Ecolo) a approuvé le projet de réformes que son ministre de la Ruralité, Carlo Di Antonio (cdH), responsable de la chasse, lui a présenté ce jeudi 28 juin 2012. Ce plan d’actions énumère 25 mesures sensées servir 4 objectifs : (1) établir un état des lieux, (2) réduire les populations excédentaires de Grand Gibier, (3) éviter les concentrations et la prolifération de ce gibier et (4) responsabiliser le monde de la chasse. Ce 2 juillet 2012, la presse s’est abondamment fait l’écho de ce projet en focalisant son attention sur les deux premiers objectifs.
Les FDF de Wallonie veulent tout d’abord rappeler que la chasse n’est ni illicite, ni immorale. Il est dès lors important de ne pas la stigmatiser, d’autant plus qu’elle représente en Wallonie une activité économique certaine, tant pour le secteur privé que pour les communes rurales. Il va également de soi, pour les FDF de Wallonie, que la chasse doit être un élément du développement durable. Elle doit être éthique et respectueuse de la nature.
A cet égard, les FDF de Wallonie se réjouissent que soient enfin envisagées des mesures visant à réduire les populations excédentaires de grands cervidés et de sangliers, pour privilégier la biodiversité et retrouver les équilibres agro-sylvo-cynégétiques.
Pour que de telles mesures puissent être efficaces, les FDF de Wallonie pensent qu’il est primordial qu’elles aient été discutées et approuvées par toutes les parties concernées : agriculteurs, forestiers, chasseurs et propriétaires terriens, tant privés que publics. Ce dialogue doit être permanent.
D’autre part, les FDF de Wallonie s’interrogent sur la pertinence de certaines mesures telles qu’elles ont été divulguées. Les textes connus laissent planer beaucoup d’incertitudes et de zones d’ombre. A défaut de disposition légale appropriée, leur mise en œuvre reste aussi incertaine qu’hasardeuse.
Ainsi, comment le Ministre Di Antonio (cdH) peut-il déjà énoncer des mesures correctives, alors que l’état des lieux qu’il veut établir n’est pas encore connu. La définition des zones « points noirs » est improductive puisqu’elle se base sur le nombre de sangliers tirés plutôt que sur l’importance des dégâts, données que l’administration ne peut pas mesurer actuellement en Région Wallonne. Pour les FDF de Wallonie, une telle mesure pénalise de façon incompréhensible les territoires les plus actifs en matière de réduction des populations de sangliers !
D’autre part, les FDF de Wallonie se réjouissent de voir que le Ministre Di Antonio (cdH) a enfin l’ambition de faire respecter la législation existante en matière de clôtures. Mais de nouveau, les moyens légaux et pratiques nécessaires à l’établissement du cadastre de ces clôtures sur terrains privés ne sont pas énoncés.
Les FDF de Wallonie reconnaissent que certaines mesures annoncées sont bien appropriées à la réduction des populations excédentaires de Grand Gibier (élargissement des possibilités de chasse et de destruction et simplification des procédures). Mais, d’autres mesures restent aussi anecdotiques qu’imprécises (par ex., élargissement de la réglementation sur les armes). De plus, les FDF de Wallonie pensent qu’il est indispensable de prendre des mesures annexes pour garantir la plus grande sécurité, sous ces nouvelles conditions de chasse (ainsi le tir de nuit ne devrait être permis qu’avec des moyens appropriés, tels que lunettes infrarouges, amplificateurs de lumière …, tous équipements actuellement interdits et qu’il ne semble pas prévu d’autoriser au vu du projet du Ministre Di Antonio).
Dans la mesure où les populations de Grand Gibier sont bien excédentaires, les FDF de Wallonie se demandent pourquoi le Ministre Di Antonio (cdH) n’a pas, purement et simplement, étendu de façon significative les périodes d’ouverture de la chasse aux espèces concernées, seule mesure apte à rencontrer les objectifs qu’il fixe.
Les interdictions et limitations du nourrissage du Grand Gibier, prévues par le Ministre Di Antonio (cdH), garantissent une plus grande éthique de la chasse. En cela, les FDF de Wallonie trouvent ces mesures appropriées. Par contre, il est aujourd’hui admis par les scientifiques que cela n’aura pas d’effets majeurs en matière de réduction des populations de Grand Gibier, alors que c’est là l’objectif recherché par de telles mesures. L’accroissement drastique des périodes d’ouverture de la chasse aux espèces concernées, et l’assouplissement des conditions de ces chasses, sont seuls de nature à permettre la résolution du problème actuel de surpopulation du Grand Gibier.
Si le Grand Gibier est aujourd’hui l’objet de l’attention ministérielle, les FDF de Wallonie veulent aussi rappeler qu’il n’en va malheureusement pas de même pour le Petit Gibier. Les causes de son déclin sont pourtant connues et démontrées scientifiquement : l’extensivité de l’agriculture actuelle (disparition des haies, …), l’utilisation de produits phytosanitaires et la recrudescence des prédateurs. Les FDF de Wallonie réclame du Ministre de la Ruralité qu’il prenne rapidement, pour le bien de la biodiversité, les mesures aptes à enrayer ce déclin du Petit Gibier.
Enfin, les FDF de Wallonie se réjouissent qu’après tant d’années d’atermoiement des prédécesseurs du Ministre Di Antonio (cdH), en particulier du Ministre Benoît Lutgen (cdH), la composition et le fonctionnement des divers Conseils Cynégétiques seront revus. Les FDF de Wallonie espèrent que ces mesures y apporteront plus de transparence, de compétences techniques et de démocratie, pour gage d’une plus grande efficacité.
En résumé, les FDF de Wallonie considèrent que les mesures enfin proposées par le Ministre wallon de la Ruralité sont pour partie adéquates, mais, beaucoup d’entre elles ne répondent pas aux objectifs qu’il leur fixe. Trop de ces mesures restent imprécises, peu pratiques et à la mise en œuvre aléatoire. Les FDF de Wallonie demandent au Ministre d’amender sa note pour répondre à ces lacunes.
Luc BAUFAY
Candidat aux élections provinciales
District de GEMBLOUX









